28.02.2009
La localisation exacte des champs d’OGM devient obligatoire
Par Pascal Farcy
L’arrêt, que vient de rendre aujourd’hui la Cour de justice européenne, devrait faire gagner du temps aux faucheurs d’OGM… En effet, jusqu’à présent en France, seul le canton ou la commune dans lequel se situaient les champs d’OGM était rendu public. Or, avec cet arrêt, la cour de justice européenne impose aux États membres de rendre public la localisation et l’étendue des sites de dissémination ainsi que la description de l’écosystème des sites de dissémination, y compris le climat, la flore et la faune, de même que la proximité des sites de biotopes officiellement reconnus ou de zones protégées susceptibles d’être affectées.
En conséquence, l’ensemble des informations que les firmes sont tenues de communiquer à l’administration pour obtenir l’autorisation de procéder à des cultures d’OGM, devient public. En rendant cette décision, la Cour n’a pas retenu l’argumentation française qui mettait notamment en avant le fait qu’en rendant public le lieu exact de l’emplacement d’un champ d’OGM, il y avait un risque de trouble de l’ordre public, autrement dit de destruction de la parcelle par les faucheurs volontaires.
De même, la stricte mise en œuvre de cet arrêt lève en partie le voile que s’évertuaient à maintenir les semenciers OGM, avec la complicité bienveillante des autorités. Aussi, comme le relève Arnaud Gossement, porte parole de FNE (France Nature Environnement), ’Les marchands du vivant ne pourront plus prétendre que les OGM sont sans danger tout en cachant les lieux de culture.’
Enfin, l’établissement d’une carte de France précise, comprenant toutes les parcelles cultivées avec des OGM, va devenir réalisable, une tâche à laquelle FNE a d’ores et déjà annoncé travailler.
Après le maintien de la clause de sauvegarde prise pour activer un moratoire sur la culture du maïs MON810 en France et en Grèce, cette nouvelle journée voit un deuxième camouflet pour les tenants des OGM eu Europe.
26.02.2009
OGM : les grandes compagnies empêchent la recherche scientifique
Aucune recherche véritablement indépendante ne peut être légalement conduite sur beaucoup de questions critiques » révèle un scientifique américain au New York Times, dans un article paru le 19 février. D’après le célèbre quotidien, un groupe de 26 chercheurs vient de déposer une plainte auprès de l'Agence pour la Protection de l'Environnement (E.P.A.) aux Etats-Unis. Les scientifiques y dénoncent les pratiques des entreprises de la biotechnologie qui empêchent toutes recherches indépendantes et approfondies sur leurs semences génétiquement modifiées.
Protégées par la propriété intellectuelle, les compagnies conservent en effet l’entier contrôle sur l’utilisation qui peut être faite de leur semence. Ainsi, si les universités américaines peuvent librement acheter des pesticides ou des graines conventionnelles pour mener des recherches, il leur est, par contre, totalement interdit de manipuler des semences génétiquement modifiées sans l’accord des entreprises. Les chercheurs expliquent au New York Times que parfois les autorisations ne sont pas accordées et, quand elles le sont, les compagnies se réservent le droit de passer en revue tous les résultats avant leur publication. Ken Ostlie, un entomologiste à l'université du Minnesota, déclare au journaliste Andrew Pollack que « si une compagnie peut commander la recherche du domaine public, elle peut diminuer les effets négatifs potentiels démontrés par n'importe quelle recherche ».
Des chercheurs qui ne peuvent plus faire leur travail
Pour le groupe de chercheurs, signataires du document envoyé à l’E.P.A. et qui, pour la plupart, ne préfèrent pas révéler leur nom, ce blocage des recherches leurs pose d’importants problèmes. N’étant pas eux-mêmes opposés au développement des biotechnologies, ces scientifiques qui étudient les insectes parasites des céréales se plaignent de ne pas pouvoir faire leur travail et aider les cultivateurs à utiliser au mieux les nouvelles semences. Le Dr. Shields de Cornell avoue que « nombreux sont ceux qui ont peur d’être blacklisté. Si votre travail est la recherche sur les résistances aux insectes, vous avez besoin d’étudier les dernières variétés or, si les compagnies ne vous fournissent pas les autorisations, tout simplement, vous ne pouvez pas faire votre boulot ». Les témoignages publiés par le New York Times sont, à ce titre, éloquents. Par exemple, la compagnie Syngenta (n°3 mondial des semences) interdit toute recherche en général mais également empêche tout acheteur de comparer les semences à des produits de firmes concurrentes. En 2007, le Dr Ostlie obtenait l’autorisation de trois entreprises pour effectuer des comparaisons sur leurs variétés, mais, dès l’année suivante, Syngenta lui retirait la permission d’utiliser ses semences de maïs, jugeant « qu'il n'était pas dans son intérêt de le laisser continuer ». Marquez A. Boetel, professeur agrégé d'entomologie à l'université du Dakota du Nord, n’a, quant à lui, jamais pu obtenir l’autorisation de Monsanto pour examiner la réaction au traitement insecticide de récoltes de betteraves à sucre génétiquement modifiées. Chris DiFonzo, entomologiste à l'université du Michigan, témoigne pour sa part qu’elle n’a pas pu mener ses suivis d’insectes dans les champs plantés en OGM au risque de mettre le propriétaire en violation des accords passés avec les compagnies.
« le potentiel de blanchir les données »
Les semenciers assument sans complexe le maintien de ces restrictions pour protéger leur propriété intellectuelle, se disant prêts à discuter avec les universitaires. Par ailleurs, Monsanto et Syngenta se targuent de soutenir la recherche, ce qui, cela dit, n’est pas sans poser problème aux scientifiques qui constatent que les financements pour la recherche agronomique viennent de plus en plus du secteur privé. Les scientifiques des universités d’Etat, signataires de la plainte, déplorent le fait d’être de plus en plus dépendants des grandes compagnies. Une situation inacceptable quand, d’après eux, les données fournies au gouvernement sont « limitées à l'excès» et les entreprises « ont le potentiel de blanchir les données et l'information soumise à l’E.P.A.».
00:49 Publié dans infos scientifiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : recherche, véritablement, indépendante, propriété, intellectuelle, semence, chercheurs, monsanto, syngenta, insectes
16.02.2009
Levée des clauses de sauvegarde hongroise, grecque et française et nouvelles autorisations de maïs OGM Bt : Faire échec à la Commission Européenne. Appel commun
Appel à mobilisation - 9 fév 2009
Face à la nouvelle offensive d'une Commission européenne en fin de course, la France et les autres États-membres dans la même situation doivent refuser de renoncer à leur clause de sauvegarde pour la culture de maïs génétiquement modifié, et rejeter l'autorisation de nouvelles variétés de maïs GM. Tant que les procédures d'évaluation des OGM n'ont pas été totalement revues, tout « forcing » de Bruxelles doit être repoussé.
Le 21 janvier dernier, la Commission Européenne a annoncé son intention de saisir d'une part , le comité permanent de la chaîne alimentaire et, d'autre part, le Conseil sur deux sujets concernant les OGM en Europe. Le 16 février, ce Comité devrait se prononcer sur une demande de levée des clauses de sauvegarde grecque et française (Interdiction du maïs OGM Mon810) Le 25 février, c'est l'autorisation de mise sur le marché de deux maïs OGM Bt ( C 1507 de Pioneer et Bt 11 de Syngenta) qui sera demandée au même Comité de réglementation.
Le 2 mars, le Conseil Environnement devrait se prononcer sur une demande de levée de la clause de sauvegarde hongroise
Une majorité qualifiée doit être réunie pour rejeter ces demandes. Si cette majorité n'est pas réunie, en fonction des procédures actuelles, ce serait à terme, la Commission, seule, qui déciderait.
La France doit honorer les engagements pris au cours du Grenelle de l'Environnement, et voter contre de nouvelles propositions européennes visant à faciliter et étendre les cultures OGM dans l'UE. Et ce, tant que les mesures arrêtées en la matière aux différents Conseils de l'Environnement du dernier semestre 2008, en particulier celles du 4 décembre, n'auront été suivies d'actions.
En effet, les ministres européens de l'environnement ont demandé à ce que les effets à long terme des OGM sur l'environnement, les organismes vivants et la santé soient correctement évalués. Ils ont également appelé l'AESA 1 (au coeur des décisions prises par l'Union européenne sur les OGM) à prendre en considération l'impact des herbicides utilisés sur les cultures d'OGM tolérants aux herbicides.
La France et les autres États-membres doivent faire respecter la réforme des systèmes d'évaluations demandée à l'AESA. Aujourd'hui, tant pour les levées de clause de sauvegarde que pour les nouvelles autorisations, la Commission s'appuie sur des opinions de l'AESA qui ne tiennent pas compte de ces recommandations, et ne reflètent pas les réalités sanitaires et environnementales posées par les maïs génétiquement modifié actuellement en discussion.
De plus, les avis scientifiques de l'AESA ne sauraient être les seuls arguments à prendre en compte. Les différents Conseils Environnement ont également recommandé que soient évalués les aspects socio-économiques en matière d'utilisation d'OGM et ceci dans l'esprit même de la Directive 2001/18.
LA FRANCE DOIT DONC DEMANDER à SON REPRéSENTANT AU COMITé DE VOTER CONTRE LES DéCISIONS PROPOSéES . ELLE DOIT éGALEMENT AGIR AUPRèS DES AUTRES ÉTATS-MEMBRES POUR OBTENIR LEUR REJET.
Les organisations signataires exigent que toutes les décisions sur les OGM soient suspendues tant que la révision du processus d'évaluation des OGM n'a pas été menée à terme et que l'AESA n'a pas acquis la capacité d'évaluer correctement l'impact des OGM à long terme.
Les organisations signataires appellent les citoyen-nes à relayer cet appel en direction des instances concernées, des ministères jusqu'au plus haut niveau de l'État.
Organisations signataires : Attac - Amis de la Terre - Agir pour l'Environnement - Amis de la Confédération paysanne - Bio Consom'acteurs - Confédération Paysanne - Collectif des Faucheurs volontaires - Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique - Greenpeace - MDRGF Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures - Nature et Progrès -Réseau Semences Paysannes - UNAF Union Nationale des Apiculteurs de France - WWF Organisation mondiale de protection de la nature
1 : AESA : Agence européenne de sécurité alimentaire
Contact :
Olivier Keller, Confédération paysanne :06 26 45 19 48
Vincent Perrot, FNAB : 06 84 10 43 79
Arnaud Apoteker, Greenpeace : 06 07 57 31 60
18:20 Publié dans Appel à mobilisation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
OGM: Avis de l'AFSSA sur le maïs OGM MON 810 : une déclaration partisane qui n’apporte rien de nouveau
Communiqué de presse - 13 fév 2009 de La Confédération paysanne national
Le 12 février 2009 au matin, le Journal Le Figaro titrait en page une sur un avis de L'AFSSA selon lequel le maïs OGM Mon 81O est sans danger pour la santé.
Cette information, savamment « fuitée », intervient à quelques jours de la réunion du Comité Permanent de la Chaîne Alimentaire qui doit se prononcer sur les éventuelles levées des clauses de sauvegarde de la Grèce et de la France à la demande de la Commission Européenne.
La Confédération paysanne rappelle que l'Afssa n'est habilitée à se prononcer que sur des problématiques sanitaires et vétérinaires et n’a aucune compétence sur des décisions environnementales et, au delà, politiques.
La clause de sauvegarde française a été activée sur des doutes sérieux étayés après l'examen de très nombreuses études concernant pour leur plus grande partie des problématiques environnementales et le Comité de Préfiguration de la Haute Autorité avait conclu qu'elles révélaient de faits nouveaux tendent à démontrer que l'absence de risque n'était pas démontrée.
Les conclusions de l’étude de l’AFSSA n’apportent rien de nouveau: elles confirment que l’Agence n’a toujours pas la moindre preuve que le maïs MON 810 ne génère aucun risque pour la santé et qu’elle n’a pas non plus la preuve de dommages directs. Alors que, de notoriété publique, les évaluations sont insuffisantes et que le contenu de l’étude est resté confidentiel. Leur publication à la veille de réunions européennes sur la clause de sauvegarde et les nouvelles demandes d’autorisations de maïs OGM, n'est pour la Confédération paysanne que l'expression du lobbying des semenciers vis à vis de nos représentants nationaux dans le cadre de ces consultations.
La Confédération paysanne est persuadée, comme l'a laissé entendre le Ministre de l'Environnement hier, que nos représentants ne resteront pas sourds aux doutes sérieux que la société civile, les associations et notre syndicat revendiquent et expriment depuis 12 ans, dans l'intérêt d'une France et d'une Europe où doit exister la liberté et le droit de produire et consommer sans OGM.
Pour cela, la France doit demander à son représentant au Comité de voter contre les décisions proposées. Elle doit également agir auprès des autres États-membres pour obtenir leur rejet.
Contact :
Olivier Keller, Responsable Commission OGM : 06 26 45 19 48
Jacques Pasquier, Secrétaire national : 06 72 44 14 83
18:15 Publié dans communiqués de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
OGM : « OU EST L’URGENCE ? »
Christian Vélot vient de publier aux Editions Goutte de Sable « Ogm, tout s’explique » (voir dans le rubrique livre) préfacé par Gilles-Eric Séralini et Jacques Testard .Lanceur d’alerte, ses travaux lui ont valu de participer au Grenelle de l’environnement. Il est Docteur en Biologie et Maître de Conférences en Génétique Mo¬léculaire à l’Université Paris-Sud. Il est aussi responsable d’une équipe de recherche à l’Institut de Génétique et Microbiologie (IGM, Institut mixte CNRS-Université) sur le Centre Scientifique d’Orsay. Il est aussi membre du Conseil Scientifique du CRIIGEN (Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie Génétique) et du Conseil d’Administration de Fondation Sciences Citoyennes.
L’avis des experts de L’Afsaa (l'Agence française de sécurité sanitaire ) conclue à l’inocuité du Maïs trasngénique MON 810 jusque là frappé d’un moratoire par le Gouvernement français depuis le 11 janvier 2008. . Etes vous surpris ?
Non, malheureusement. Il est de notoriété publique que certains des experts de l’Afsaa sont des partisans systématiques et de longue date des OGM, que via l’Afis ( Association française pour l’information scientifique), ils sont déjà montés au créneau pour démolir le film « Le monde selon Monsanto » de Marie-Monique Robin et ont signé une pétition favorable aux OGM. J’observe en outre que c’est un rapport « secret » que celui de l’Afsaa et je ne vois pas filtrer d’études quelconques nouvelles qui démonteraient les objections faites par d’autres experts sur la base de recherches en bonne et due forme.
Après tout la controverse scientifique est saine ?
Oui, bien entendu. Mais encore faut-il entendre les objections. Comment peut-on assurer que les OGM ne représentent aucun danger potentiel pour la santé alors que l’on a encore jamais observé les conséquences d’une telle alimentation sur des animaux plus de trois mois de suite ! Ca me rappelle les communiqués rassurants et non moins catégoriques de l’Académie de Médecine sur l’amiante. Il faut tout de même savoir que l’une des recommandations essentielles du rapport Le Maho ( CPHA), consistait à demander courant 2008 de nouvelles recherches. Notamment sur les effets concernant les espèces non ciblées. Mais aussi sur la toxine du pesticide Bt introduite dans le maïs transgénique. Car si cette protéine ne se replie pas correctement dans l’espace, elle peut conduire, c’est rare mais possible, à des effets fâcheux. N'oubliez pas que l'agent infectieux de la vache folle, le prion, n'est autre qu'une protéine mal repliée. Demander des études complémentaires, ce n’est tout de même pas exorbitant. Mais, enfin, où est l’urgence ? Le temps marchand n’est pas le temps scientifique. Donnons de la durée aux scientifiques pour qu’ils mènent leurs études sur les conséquences de l’introduction des OGM sur les éco-systémes. Et in fine sur l’homme. Si l’on vivait en Europe une situation de pénurie alimentaire dramatique, je pourrais comprendre qu’on se hâte et qu’on lève le principe de précaution. Ce n’est pas le cas. La seule impatience que j’observe , c’est celle des grandes firmes semencières qui veulent forcer une décision favorable à Bruxelles. Et lever le moratoire français.
Vous vous définissez vous-même comme lanceur d’alerte. Vous êtes donc engagé dans ce débat mais vous travaillez de longue date sur ces questions. Quels sont à vos yeux les doutes les plus lourds que vous avez sur les Ogm ?
Ce qui est inquiétant, ce sont les effets non désirés et donc non annoncés sur la faune non ciblée par l’insecticide introduit dans le maïs génétiquement modifié. Et donc les effets sur la santé humaine. Sur le lombric, mais aussi sur les guêpes prédatrices des œufs des pyrales qui attaquent le maïs . Ces mêmes pyrales que l’insecticide a pour tâche de détruire. Ce qu’il faut comprendre, c’est que la toxine de la bactérie du sol Bt utilisée qui est naturellement efficace uniquement contre la pyrale s'avère l'être aussi contre la sésamie. Et puis il est désormais avéré , suite à plusieurs études récentes que la toxine était aussi dangereuse pour d’autres animaux : les coccinelles ( Comme en témoigne une recherche suisse très récente) , les insectes aquatiques et les daphnés ( puces d’eau). Ca mérite tout de même de s’arrêter et de réfléchir. De répondre à ces carences d’évaluation au lieu de nous condamner à devenir nous-mêmes des cobayes.
Propos recueillis par Guillaume Malaurie

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15.02.2009
L'empire de la honte
Jean Ziegler , 2005
Édition Le livre de Poche, juillet 2008
p. 12 : Un peu moins d'un milliard d'êtres humains vivent en Afrique. Entre 1972 et 2002, le nombre des africains gravement et en permanence sous-alimentés a augmenté de 81 à 203 millions.
Pourquoi ? Les raisons de cette situation sont multiples. La principale est due à la politique agricole commune de l'Union Européenne.
p. 63 : Contre les crimes commis par Georges W. Bush, Ariel Sharon et Vladimir Poutine (en Irak, en Palestine et en Tchétchénie) se dressent des groupuscules fanatisés de terroristes sanglants. Au terrorisme d'État répond le terrorisme groupusculaires. Et si ses dirigeants sont souvent originaires des classes aisées d'Arabie Saoudite, d'Égypte et d'ailleurs, ses « soldats » se recrutent généralement parmi les populations les plus démunies des shanty towns de Karachi, des bidonvilles de Casablanca ou des hameaux désolés des montagnes de l'Hindou Kouch. L'absurdité des dépenses militaires saute dès lors aux yeux : la misère est le terreau du terrorisme groupusculaire, l'humiliation, la misère, l'angoisse du lendemain favorisant grandement l'action des kamikazes.
P. 66 : Les sociétés transcontinentales de la fabrication et du commerce des armes de guerre ainsi que les fonds d'investissements spécialisé dans le financement de l'électronique militaire (tels que le Carlyle Group), profitent jour après jour de l'accroissement massif du budget militaire justifié par la « menace terroriste ». Or, le nombre de grandes chaînes de télévision aux États-Unis, dont l'audience quotidienne s'évalue en dizaines de millions de personnes, appartiennent aux fabricants d'armes. NBC, par exemple, est la propriété du trust General Electric, l'un des plus grands fabricants mondiaux dans le domaine de l'électronique militaire...
Qui s'étonnera, dans ces conditions, que, sautant allègrement du petit mensonge ordinaire au mensonge d'État, la « guerre mondiale contre le terrorisme » recoure aussi facilement à la manipulation par la peur, au rejet de l'autre, à la xénophobie et au racisme ?
P. 141 : Un enfant en situation de malnutrition chronique peut ainsi manger à sa faim et néanmoins agoniser sous le coup d'une maladie due au manque de micronutiments.
Dans les 122 pays du tiers-monde où vivent près de 80% de la population de la planète, la carence en micronutriments provoque des hécatombes. (L'auteur énumère le kwashiorkor fréquent en Afrique noire, l'anémie, le rachitisme, la cécité...).
P. 142 : Selon le rapport de la Banque mondiale de mars 2006, plus de 15% des enfants palestiniens de moins de dix ans vivant en Cisjordanie et à Gaza sont gravement et chroniquement mal nourris.
P. 143 : Pour la nourriture des bébés âgés de six à vingt-quatre mois, le fer est essentiel. Son absence endommage la formation des neurones cérébraux. Dans les 49 pays les plus pauvres, c'est le cas de 30% des bébés. Ils souffriront des déficiences mentales leur vie durant. (...) Toutes les quatre minutes une personne perd la vue par manque de vitamine A. 40 millions d'enfants de moins de 5 ans souffrent d'une déficience en vitamine A. 13 millions d'entre eux perdent la vue chaque année.
P. 144 : Dans le corps de la femme (et donc du fœtus), la carence en iode fait des ravages. En 2006, près de 20 millions de bébés sont nés avec des infirmités mentales irrécupérables.
P. 145 : Pourtant, la malnutrition pourrait, sans grand problème technique à résoudre ni coûts financiers exorbitant, être rapidement éliminée de la surface de la terre. (...) Les organisations internationales manquent de fonds pour lancer des programmes d'éradication de la malnutrition à l'échelle planétaire (1).
(1) note en bas de page 146 : Il existe à Genève, depuis 2003, une fondation de droit suisse, Global Alliance for Improved Nutrition (GAIN), dont le but est de fortifier, par l'apport de micronutiments, la nourriture localement consommée dans les pays du tiers-monde. Son adresse Internet : www.gainhealth.org
P. 217 : Dans un livre paru en 2002, Lula explique : « ... des préjugés de classe, embusqués dans les cœurs et les esprits des travailleurs eux-mêmes, nous faisaient douter de notre capacité à nous comporter comme des sujets historiques ».
P. 321 – 322 : …en Éthiopie, le cultivateur de café a vu le prix de vente de ses grains s’effondrer des deux tiers en moins de cinq ans. Pendant la même période, le prix de la tasse de café servie dans les bistrots genevois a doublé.
P. 328 : …en sept ans, les cents plus puissantes sociétés transcontinentales ont augmenté leur chiffre de ventes de 44% quand leur personnel, lui, n’augmentait que de 21%.
P. 342 : Marat écrit : « L’opinion est fondée sur l’ignorance et l’ignorance favorise extrêmement le despotisme (1). »
Informer, rendre transparentes les pratiques des maîtres est la tâche première de l’intellectuel. Les vampires craignent comme la peste la lumière du jour.
(1) Jean-Paul Marat, Textes choisis, p. 21 ; éditions de Minuit, 1945.
L’auteur montre également comment l’absence de front de résistance depuis la chute du mur de Berlin et l’effondrement du bloc soviétique en 1989 a accéléré les dégâts causés par l’empire de la honte.
Jean Ziegler
J'avais fini cette lecture juste avant le discours de Nicolas Sarkozy du 5 février 2009. Comment faire en sorte qu'il puisse s'inspirer de Jean Ziegler et d'Eric Toussaint *, et notamment ne pas passer à côté de l'abolition de la dette du tiers-monde, thème transversal de l'ouvrage ?
* Sur Eric Toussaint, voir par exemple
http://www.hooseek.com/web?recherche=%C3%A9ric+toussaint&...
Sur le plan international encore, ce serait tellement humain que le Président Sarkozy impulse une réaction au fait que « la baisse tendancielle des prix agricoles réels qui se poursuit depuis plus de cinquante ans » (2) affame les petits paysans qui affluent dans les bidonvilles. Qu’est-ce qu’il attend ? Qu’est-ce que nous attendons ?
(2) « Via Campesina – une alternative paysanne à la mondialisation néolibérale » p. 24, éditions CETIM, 2002.
Pour d'autres informations sur les questions de politique internationale vues sous un angle fort intéressant, voir le blog http://ploutopia.over-blog.com/
Comment encore faire en sorte qu'il tienne compte de l'épuisement programmé des ressources fossiles et des réserves de minerais ? Voir http://terresacree.org
Peut-être ne pas attendre ni espérer de lui, mais plutôt agir localement.
Le contraire de l'espoir, c'est l'action.
Sur Jean Ziegler, voir
http://www.youtube.com/watch?v=Ko1NwXzYaXM&feature=re...
et
http://www.youtube.com/watch?v=YI85TPuD6fY&feature=re...
21:18 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Semences irradiées et irradiation des aliments
Par Thierry Folliard
L’irradiation des aliments vient s’ajouter à une longue liste de technologies destinées à la conservation des aliments : appertisation (stérilisation par la chaleur dans des contenants hermétiques), congélation, surgélation, pasteurisation et traitement UHT...
Ici, un rayonnement ionisant inférieur à 10 kGray (dose absorbée moyenne) est projeté sur les aliments afin d’éradiquer germes, champignons, œufs d’insectes et parasites.
Néanmoins, cette dose ne permet pas d’éliminer toutes les bactéries, ni les toxines, ni les virus, ni le prion.
Les aliments n’en sortent pas radioactifs, mais de nouvelles molécules éventuellement génotoxiques, cytotoxiques et cancérigènes sont générées.
De plus, la toxicité de ces produits de radiolyse n’a été que très peu étudiée, au mépris du principe de précaution.
Prolonger artificiellement la durée de conservation des denrées...
Les produits principalement concernés en France sont les épices, les plantes aromatiques, les oignons, les aux, les légumes et fruits secs, germes de céréales, gomme arabique, farine de riz, volaille, cuisses de grenouilles congelées, sang séché et plasma, crevettes, caséïne, caséïnates, ovalbumine…
La finalité de cette technologie est en fait de prolonger artificiellement la durée de conservation des denrées en vue de leur exportation des pays du Sud vers les pays occidentaux, gros consommateurs.
Cette politique agro-industrielle, marquée par l’hygiénisme nord américain, entérine de fait le commerce d’une alimentation mondialisée et de plus en plus aseptisée.
Mais les partisans des technologies de l’atome vont encore plus loin dans leur volonté de contrôler la nature et l’évolution...
Pour répondre à la crise alimentaire, l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) propose de modifier le patrimoine génétique des cultures de produits alimentaires par la technique dite de « mutation incitée par irradiation ».
Défendant ardemment depuis 50 ans les « bienfaits » de l’atome, l’AIEA s’est employée à bombarder des semences de riz, de blé…, par des radiations ou des toxiques chimiques, pour développer des variétés qui seraient plus résistantes aux aléas climatiques.
Affirmant que cette technique est « propre et saine » (AIEA, agence Reuters, Vienne 02/12/2008) car les semences ne sont pas radioactives, et qu’en comparaison avec la technique de la transgénèse (les Organismes Génétiquement Modifiés), elles ne reçoivent pas de gène étranger, ces chercheurs modifient en fait de manière irréversible et totalement aléatoire le génome de l’espèce irradiée.
Une telle variété irradiée de plante est donc, exactement comme un Organisme génétiquement modifié, une chimère génétique, dont les conséquences éventuelles sur la santé humaine (allergies, cancerogénèse, mutations du génome humain…) sont totalement inconnues.
Les mutations existent dans la nature : soumises à un stress climatique par exemple, les plantes adaptent leur génome, mutent ou expriment d’autres gènes qui étaient en sommeil.
Des mutations sont provoquées au petit bonheur la chance...
Dans le cas de l’irradiation, ces mutations sont provoquées au petit bonheur la chance, sur un intervalle de temps infiniment plus court, comme pour les OGM.
Affirmer que « cette mutation induite ne fait qu’accélérer le processus naturel de modifications spontanées qui surviennent dans les plantes » (AIEA, agence Reuters, Vienne 02/12/2008) fait totalement abstraction du fait que nous savons dans la réalité que peu de choses sur ce processus naturel.
En effet, pour prendre l’exemple du génome humain, seuls 2 % de notre patrimoine génétique sont codants pour la synthèse des protéines, alors que nous ne connaissons pas à ce jour le rôle des 98 autres %, constitués de séquences répétitives.
La connaissance du génome n’en est qu’à ses balbutiements.
Autant dire que nous jouons, une fois de plus, aux apprentis sorciers.
La FAO, associée à ce projet avec l’AIEA depuis la création de leur Division mixte en 1964, indique que son but est désintéressé et ne vise qu’à développer un commerce plus équitable, afin de venir en aide aux paysans les plus démunis pour leur permettre de vivre décemment (Agence Reuters : « La science nucléaire au service de la sécurité alimentaire : l’AIEA dit que les semences irradiées pourraient atténuer les effets de la crise alimentaire », Vienne, 2 décembre 2008).
Mais, en réalité, le droit de tous à la terre, à une alimentation suffisante et à la santé, ne passera-t-il pas plus simplement par un partage équitable des ressources et des richesses ?
Thierry Folliard
Naturopathe et ingénieur énergie-environnement
Co-animateur au Collectif Français contre l’Irradiation des Aliments Administrateur de Consom’Solidaire (Paris 13e),
membre du C.A. d’Action Consommation
Source : Article publié par la revue Biocontact n°188, février 2009
21:08 Publié dans Actualités, Infos nationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Sélection des meilleures critiques de cultivons la terre
Il y a un avis sur CLT sur le site de télérama ! http://www.telerama.fr/cinema/films/cultivons-la-terre,34...
J’ai créé une nouvelle rubrique sur le site : sélection des meilleurs critiques de cultivons la terre http://www.resogm.org/spip.php?article122
21:02 Publié dans infos régionales, La presse locale, ou voir Cultivons la terre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.02.2009
Article du Progrès
du vendredi 13 février 2009
Maïs 0GM : le rapport de l’Afssa ne change rien dans l’Ain
Le rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) sur la non-dangerosité du maïs Monsanto 810 pour l’homme ne change rien à la situation. vis partagé par le collectif « OGM non merci 01 » et la FDSEA.
« L’Afssa n’a fait aucune évaluation supplémentaire » note Gérard Boinon, porte-parole du collectif. « La décision reste suspendue au processus d’évaluation européen. Le conseil des ministres se réunira le 25 juin. Jusque-là, on est sur la clause de sauvegarde. Mais nous restons vigilants. Nous ne sommes pas près de laisser implanter des OGM dans notre département ».Pour Gilles Brenon, secrétaire général de la FDSEA : « Nous avons toujours prôné la loi et rien que la loi, même si selon nous la décision du gouvernement français a peut-être été prise un peu hâtivement. L’Afssa dit que le Mon810 n’est pas dangereux pour l’homme. Il faut voir quels sont les risques pour l’environnement. De toute façon, pour cette année, il n’y aura pas de plantations. Et il vaut mieux prendre encore une année de recul avant de se lancer ».
10:15 Publié dans La presse locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.02.2009
ARRETE MUNICIPAL de SAINT DENIS EN BUGEY (AIN)
Le Conseil Municipal de SAINT DENIS EN BUGEY (AIN) par délibération du 02 décembre 2008 a demandé
au Maire de prendre un arrêté interdisant la culture des OGM sur le territoire de la Commune.
transmis ce jour au contrôle de légalité.
DEPARTEMENT DE L'AIN REPUBLIQUE FRANCAISE
Arrondissement de BELLEY
Canton d'AMBERIEU EN BUGEY
Commune de SAINT DENIS EN BUGEY
Interdiction d’utiliser les OGM
ARRETE MUNICIPAL
Le Maire de la Commune de SAINT DENIS EN BUGEY ;
Vu le constitution et le préambule de la constitution du 27 octobre 1946 selon lequel la nation garantit à tous la protection de la santé, de même que le préambule de constitution de 1958 reconnu par le conseil constitutionnel depuis 1971 ;
Vu la charte de l’environnement 2004 et notamment l’article 5 de la charte de l’environnement, selon lequel «lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état de connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par l’application du principe de précaution et dans leur domaine d’attribution, à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation d’un dommage» ;
Vu le Code de l’environnement et notamment son article L. 110-1 et notamment le 1° du II de cet article ;
Vu l’article L 531-2-1 du Code de l’Environnement, selon lequel les OGM «ne peuvent être cultivés (…) que dans le respect de l’environnement et de la santé publique, des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production commerciales qualifiées, ‘sans organismes génétiquement modifiés’».
Vu le Code général des Collectivités Territoriales et plus particulièrement les articles L.2212-1 et L.2212-2-5° qui chargent le Maire de prévenir, par des précautions convenables, les pollutions de toute nature ;
Vu l’article L.1311-2 du Code de la Santé Publique, le Maire peut édicter des mesures particulières en vue d’assurer la protection de la santé publique dans la Commune.
Considérant que la Commission et les Etats membres de l’Union Européenne tendent à associer la notion d’environnement à la notion de respect des structures agraires ;
Considérant que les conditions d’évaluation actuelles menées sur le OGM ne fournissent pas les garanties suffisantes qui permettent d’affirmer que les risques pour la santé humaine et l’environnement liés à la culture de plantes génétiquement modifiées sont suffisamment maîtrisés ;
Considérant la nécessité impérative de maintenir localement les conditions environnementales pour que se développe une agriculture de qualité ;
Considérant que, pour conserver une agriculture et une alimentation exempte d’OGM, il est nécessaire d’entendre par «sans organismes génétiquement modifiés», l’absence de matériel génétique ayant été modifié et tout ou partie d’une manière que ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou recombinaison naturelle, qu’elle qu’en soit l’origine et dépassant le seuil de détection à l’analyse.
Considérant la création de jardins familiaux qui exigent de préserver l’agriculture traditionnelle ;
Considérant que la pollution génétique irréversible, aurait pour conséquence la remise en cause de l’écosystème et la modification des systèmes agricoles ;
VU la délibération du Conseil Municipal, en date du 02 décembre 2008, reçue à la Sous-Préfecture de BELLEY le 05 décembre 2008 demandant au Maire de prendre un arrêté interdisant la culture en plein champ de plantes génétiquement modifiées sur tout le territoire de la commune.
A R R E T E
ARTICLE 1 : La culture en plein champ de plantes génétiquement modifiées est interdite pour l’année en cours sur tout le territoire de la Commune.
ARTICLE 2 : Le Maire de la Commune, tout officier et agent de police judiciaire et tout agent visé à l’article 15 du Code de procédure pénale sont chargés, chacun en ce qui les concerne de l’exécution du présent arrêté.
ARTICLE 3 : Le présent arrêté est transmis à Monsieur le Sous-Préfet de BELLEY et une ampliation sera adressée à :
L’agent de Police Municipale.
SAINT DENIS EN BUGEY, le 12 février 2009
Le Maire,
Bernard SERVAIS
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