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17/05/2010

Un nouveau séisme frappe Haïti : Monsanto !

 

 

 

 

 

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a fait des heureux. La multinationale Monsanto va

« offrir » aux paysans haïtiens un cadeau empoisonné : 475 tonnes de semences O.G.M., sans

compter leurs engrais et pesticides, qui seront distribués gratuitement par le projet WINNER,

soutenu par l’ambassade américaine. On croit rêver.

1.

 

Les Haïtiens savent-ils que c’est Monsanto qui fabriquait le défoliant, dit « agent

orange », utilisé par les bombardiers américains pendant la guerre du Vietnam, et qui a

empoisonné tant de soldats américains et de civils vietnamiens ?

2.

 

Les Haïtiens savent-ils que ces semences sont rejetées comme dangereuses dans

beaucoup de pays ? Elles viennent souvent en kit où les semences sont accompagnées

d’un herbicide de Monsanto appelé « Roundup », qui contient du glyphosate. Dans ma

Bretagne natale, ce produit chimique est dénoncé comme polluant les nappes

phréatiques. Comble d’imposture, Monsanto présente le « Roundup » comme

biodégradable. Ce qui lui vaut un procès intenté par le service de répression des

fraudes de Lyon.

3.

 

Aux U.S.A., une agence fédérale veille sur les questions d’environnement : l’E.P.A.

(Environmental Protection Agency). Or, une ancienne dirigeante de Monsanto, Linda

Fischer, vient d’être nommée directrice de l’E.P.A. C’est comme si on mettait une

chatte à veiller sur la santé des souris !

4.

 

Monsanto a déjà commencé à distribuer des semences O.G.M. de maïs dans les

régions de Gonaïves, Kenscoff, Pétion-Ville, Cabaret, Arcahaie, Croix-des-Bouquets

et Mirebalais. Bientôt, il n’y aura plus que des semences Monsanto en Haïti. Adieu

l’indépendance agricole ! Au Brésil, Monsanto vient d’investir 550 millions de dollars

pour fabriquer sur place son dangereux herbicide Roundup, dans le nord-est de l’Etat

de Bahia. Heureusement, ce pays semble résister à la multinationale.

5.

 

Monsanto présente ce « don » aux paysans haïtiens comme une aide généreuse. Mais,

pour avoir le droit de resemer après, il faudra payer chaque fois des droits à Monsanto.

Signalons que le directeur des opérations en Haïti n’est autre que Jean-Robert Estimé,

un ancien ministre des affaires étrangères de Duvalier. Monsanto + Duvalier : un beau

duo !

Rennes, le 10 mai 2010, anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France

P. Jean-Yves Urfié, spiritain

Ancien professeur de chimie au Collège Saint Martial, Port-au-Prince (Haïti)

29/04/2010

ETATS-UNIS – Riz contaminé :

 négligence retenue contre Bayer dans deux nouveaux jugements
par Eric MEUNIER, 28 avril 2010

L’entreprise Bayer s’est vue à nouveau condamnée par deux fois à verser des dommages et intérêts à des agriculteurs en compensation de la contamination de leurs récoltes par du riz LL en 2006 et 2007. Il faut noter que non seulement les montants atteints dans le 4eme jugement sont bien au-dessus de ceux des 3 premiers, mais surtout Bayer se voit condamnée à des amendes supplémentaires pour négligence.
Rappel rapide des faits : en juillet 2006, Bayer informe le gouvernement états-unien d’une contamination de la production de riz par du riz transgénique LL non autorisé commercialement. Les productions de 2006 et 2007 sont concernées, faisant perdre à de nombreux agriculteurs états-uniens des marchés importants à l’exportation. Après le refus par une juge de Saint Louis de reconnaître le bien fondé d’une procédure collective [1], l’entreprise fait face à plusieurs milliers de procès.
En mars 2010, dans le comté de Woodruf, Bayer s’est vu condamnée à 399 245 euros de dommages et intérêts et, fait nouveau par rapport aux deux premiers procès [2], à une amende de 374 777 euros pour négligence ! [3] En effet, les jurés ont considéré que l’entreprise ne pouvait pas ignorer la contamination bien avant d’avertir le gouvernement fédéral. Elle s’est donc montrée négligente voire plus en ne faisant rien avant juillet 2006. La même lecture se retrouve dans un quatrième procès, cette fois dans le comté de Lonoke. Les jurés ont condamné Bayer à payer 4,4 millions d’euros aux 14 plaignants au titre de dommages et intérêts. Ils ont en plus alourdi la facture en fixant, le montant de l’amende pour négligence à 31,5 millions d’euros, soit environ 2,3 millions d’euros par agriculteur [4].

L’entreprise a d’ores et déjà réagi et indiqué qu’elle utiliserait tous les moyens légaux pour faire réviser ce 4eme jugement qu’elle qualifie d’ « incompréhensible » [5].

 

[1] cf. Inf’OGM n°27, janvier 2010, ETATS-UNIS – Bayer payera près d’un million et demi d’euros de dommages et intérêts pour le riz LL !  

03/03/2010

UE - OGM : la pomme de terre Amflora autorisée à la culture

par Eric Meunier et Christophe Noisette, 2 mars 2010

La pomme de terre transgénique Amflora, mise au point par l’entreprise
allemande BASF, a été autorisée le 2 mars par la Commission
européenne... Il s'agit de la première autorisation d'une plante
génétiquement modifiée à la culture depuis 1998, date de l'autorisation
du maïs Mon810.
La nouvelle Commission Barroso commence donc son mandat par une décision
qui risque d'être largement impopulaire. Cette décision n'est pas
surprenante pour autant, car dès le mois de janvier, des bruits dans les
couloirs de la Commission circulaient annonçant que Barroso souhaitait
en terminer avec le blocage sur le dossier OGM....
Cette autorisation, extrêmement controversée, s'accompagne de trois
autres pour l'importation de trois variétés de maïs génétiquement
modifiés : les variétés Mon863xMon810, Mon863xNk603 et Mon863xMon810xNk603.

La pomme de Terre Amflora (EH92-527-1) a été modifiée par transgénèse
afin de contenir un taux d'amidon, sous forme d'amylopectine, plus
élevé. L'amylopectine intéresse l'industrie pour la fabrication de
textiles, béton ou papier. Selon le dossier déposé par l'entreprise,
l'industrie du papier serait la principale destinataire de l'amidon
produit par cette PGM. Autre caractéristique, la pomme de terre Amflora
contient le gène nptII qui confère une résistance à l'antibiotique
kanamycine. Or pour ce dernier, les experts sont en conflit : ceux de
l'Agence Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) considèrent que
l'utilisation d'un gène de résistance à la kanamycine n'est pas
problématique ; ceux de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en
revanche, considèrent qu'il s'agit d'un antibiotique important en
médecine qu'il importe donc de préserver en limitant la possibilité de
création de bactéries résistantes par la diffusion du gène nptII.

Dossier d’autorisation

C'est en 2003 que l’entreprise BASF déposait un dossier de demande
d'autorisation pour la culture, la transformation industrielle de cette
pomme de terre GM et l’alimentation animale, selon la procédure 2001/18
(référence SE/96/3501).
En 2005, elle déposait une seconde demande, pour l'alimentation humaine
et animale, selon la procédure 1829/2003 cette fois (référence
UK/2005/14). Ce second dossier est pour le moins intriguant, la pomme de
terre étant principalement destinée à la seule utilisation par
l'industrie du papier. Rien à voir avec l'alimentation... Mais comme le
souligne l'AESA dans son avis du 7 décembre 2005, /« le pétitionnaire a
conclu qu'il ne pouvait pas être exclu que cette pomme de terre
transgénique et certains produits de transformation de l'amidon soient
utilisés ou soient présents dans l'alimentation humaine »/ (1).
Reconnaissant donc que les filières de production et de transformation
des PGM ne sont pas étanches, la proposition d'autorisation formulée par
la Commission européenne sur le dossier concernait donc également
l'alimentation humaine mais, première dans l'histoire des autorisations
, seulement en cas de présence fortuite ou techniquement inévitable,
avec, dans ce cas, un plafond maximum de présence autorisée à 0,9% ! (2)
La décision du 2 mars de la Commission européenne porte sur les deux
dossiers qui ont été gérés en même temps depuis la première
proposition d'autorisation par la Commission européenne.
Il faut enfin noter que si la pomme de terre Amflora a reçu l'aval des
experts européens, les Etats membres n'avaient eux pas réussi à
s’entendre sur une décision puisque ni le comité des experts en décembre
2006, ni le Conseil des ministres en juillet 2007 n’avaient atteint une
majorité qualifiée pour autoriser ou rejeter cette pomme de terre. Le
dossier était donc revenu sur le bureau de la Commission européenne dont
la décision finale était attendue depuis.

A quoi sert la fécule de pomme de terre ?

La fécule de pomme de terre est un amidon haut de gamme. Actuellement,
au niveau mondial, la fécule de pomme de terre représente 5% de
l'ensemble de la production d'amidon (derrière l'amidon de maïs et
l'amidon de blé), mais elle est recherchée dans certaines utilisations
spécifiques de l'agroalimentaire, de la papeterie-cartonnerie, de la
chimie et autres industries diverses (adhésifs, textile, forages...).

BASF met la pression

Comme nous venons de le voir, depuis 2007, la Commission européenne a
les « mains libres » pour autoriser cette pomme de terre transgénique.
Cependant, du fait d'une opposition très forte des Européens aux OGM, la
Commission européenne précédente n'osait pas autoriser une nouvelle PGM
à la culture. Elle a donc repoussé ce dossier. BASF, et ses partenaires
suédois - Plant Science Sweden AB et Amylogene HB  ont alors décidé en
2008 de faire pression sur la Commission européenne, en déposant une
plainte le 24 juillet 2008, devant le Tribunal de première instance de
l'Union européenne (3). cette plainte demandait au tribunal d'obliger la
Commission à autoriser la pomme de terre étant donné que la votation des
Etats membres n'avaient pas obtenu la majorité qualifiée requise pour
rejeter l'autorisation. Pour BASF, la Commission a failli à ses
obligations découlant des articles 18 de la Directive 2001/18 et de
l'article 5 de la décision du Conseil 1999/468. La plainte visait aussi
à faire annuler la demande de la Commission européenne à l'AESA le 14
mars 2008 au sujet de l'utilisation de gènes marqueurs de résistance à
des antibiotiques dans la construction génétique de cette pomme de
terre. Pour BASF, cette demande ne servait qu'à retarder
l'autorisation et n'était pas fondée scientifiquement. Il ne s'agissait
en effet pour la Commission que d'obtenir de l'AESA une /« opinion
consolidée »/ par rapport à l'usage de ces gènes marqueurs.
En moyenne, le Tribunal de première instance rend ses décisions dans les
2 ans et à ce jour, aucun jugement n'est encore intervenu.

En parallèle, BASF a organisé, en avril 2008, en Allemagne, une grande
campagne de publicité pour la pomme de terre Amflora. BASF a fait
publier dans les plus importants journaux allemands une lettre ouverte à
Stavros Dimas, alors Commissaire européen à l'Environnement. Le titre
résume bien la teneur de cette lettre : /« Amflora est un produit sûr et
respectueux de l'environnement qui offre des avantages aux agriculteurs
et à l'industrie en Europe »/ (4).

Enfin, de façon plus informelle, BASF a menacé la Commission européenne
et le gouvernement allemand de déménager ses activités de recherche si
cette pomme de terre n'était pas autorisée avant la fin février 2010...

Les risques

Principal risque pour la médecine : rendre l'antibiotique kanamycine
inopérant à terme. Concernant les impacts sur l'environnement, il est à
noter que la pomme de terre GM n'avait été testée aux champs que dans un
seul pays, la Suède, au moment du dépôt des dossiers d'autorisation (cf.
dossier UK/2005/14). Si les essais en champs ont donc bien eu lieu, la
question de leur exhaustivité est tout de même posée puisque la Suède ne
peut que difficilement prétendre représenter l'ensemble des paysages de
culture européens. Notons que des essais en champs ont été réalisés
depuis dans d'autres pays, mais seulement après que les dossiers de
demande d'autorisation aient été montés et envoyés...

L'Amflora n'est pas nécessaire

En Allemagne, un projet mené par Emsland Group et Europlant a permis la
mise au point, par des méthodes de sélection conventionnelle, d’une
pomme de terre qui possède le même intérêt que la pomme de terre
Amflora, à savoir une haute teneur en amylopectine. Cette nouvelle pomme
de terre est donc une alternative moins risquée, car sans transgène, à
la pomme de terre Amflora (5).

Qui va cultiver cette pomme de terre en Europe ?

La question est donc désormais de savoir qui pourrait être intéressé par
cultiver cette pomme de terre. D'après la Commission européenne, la
culture de cette pomme de terre serait envisagée par BASF dès avril
2010, en République Tchèque et en Allemagne. Les années suivantes, elle
pourrait avoir également lieu aux Pays-Bas et en Suède.
En Allemagne, BASF a d'ores et déjà organisé les cultures. D'après
Simone Knorr, responsable de l'association allemande /Informationdienst
Gentechnik/ (6), quelques agriculteurs ont déjà déclaré aux autorités
compétentes leurs champs comme accueillant des pommes de terre
transgéniques pour être prêts au cas où l'autorisation serait délivrée
avant les semis. Ces quelques agriculteurs sont proches de l'entreprise
BASF.

A noter qu'en Allemagne, depuis plusieurs années, des essais en champ de
pomme de terre Amflora ont eu lieu. Les derniers essais auraient ainsi
servi à produire les plants nécessaires à mise en culture commerciale.
Par rapport à ces essais, l'opposition allemande a, à plusieurs
reprises, déposé des questions au gouvernement, sur la localisation des
parcelles d'essais, sur le niveau de productivité des pommes de terre GM
testées, sur le devenir des pommes de terre issues de ces essais, et sur
les conditions de sécurité et de contrôle de ces essais. Ces questions
sont restées pour l'instant sans réponse.

En France, Inf'OGM a cherché à connaître la position des professionnels
de la filière « pomme de terre » par rapport à cette autorisation
imminente. Nous avons pu joindre seulement le responsable de la Chambre
syndicale professionnelle nationale de la féculerie de pomme de terre
qui nous a répondu, brièvement. Son organisation n'a pas de position
particulière sur ce dossier, mais en tant que syndicat
interprofessionnel, la priorité, précise-t-il, est d’être à l’écoute de
ses clients, eux-mêmes à l'écoute des consommateurs. Ainsi,
actuellement, il n'est donc pas question d'acheter des produits GM. Il
ajoute : /« La situation est bloquée et ça ne sert à rien de vouloir la
débloquer quand elle n'est pas mûre »/.

Une opposition citoyenne active

Le 1^er mars 2010, à Berlin, 500 militants de Greenpeace ont formé une
immense table dessinant, vue du ciel, un « Nein » (non) devant la Porte
de Brandenbourg (7). A cette table était servi un repas de pommes de
terre biologiques. Cette action visait précisément à dénoncer l'arrivée
imminente de la pomme de terre transgénique Amflora.

1,http://www.efsa.europa.eu/EFSA/efsa_locale-1178620753812_...
2, http://register.consilium.europa.eu/pdf/fr/07/st16/st1678...
3, Affaire n°T-293/08, http://www.infogm.org/spip.php?article3640
4, http://www.infogm.org/spip.php?article3440
5, http://www.keine-gentechnik.de/news-gentechnik/news/de/20...
6, http://www.keine-gentechnik.de/
7,
http://www.greenpeace.de/themen/gentechnik/presseerklaeru...

27/07/2009

Même des médecins américain conseillent d’éviter de consommer des OGM

 

Sentient Times, Jeffrey M Smith, 22 juillet 2009

 

      L'American Academy of Environmental Medicine affirme que « les aliments génétiquement modifiés n'ont pas été convenablement testés et présentent de grave risques de santé. Il y a plus qu’une simple association fortuite entre les aliments génétiquement modifiés et les effets néfastes sur la santé. Il y a un lien de causalité. »

 

      En mai dernier, l'American Academy of Environmental Medicine (AAEM) a appelé les « médecins à aviser leurs patients, la communauté médicale, et le public d’éviter dans la mesure du possible toute nourriture génétiquement modifiée et fournir des arguments éducatifs sur les OGM et leurs risques pour la santé. » Ils ont appelé à un moratoire sur les OGM, à des études indépendantes de longue durée, et à l'étiquetage.

 

      La monographie de l’AAEM indique : « Plusieurs études sur animaux montrent de graves risques de santé liés aux denrées alimentaires génétiquement modifiées, » notamment d'infertilité, d’immunité, de vieillissement accéléré, de régulation insulinique, et d’altérations des principaux organes et du système gastro-intestinal. Elle conclut : « Il y a plus qu’une simple association fortuite entre les aliments génétiquement modifiés et les effets néfastes sur la santé. Il y a un lien de causalité, » comme le définissent des critères scientifiques reconnus. « La forte association et concordance entre aliments génétiquement modifiés et maladie est confirmée par plusieurs études sur animaux. »

 

      De plus en plus de médecins prescrivent déjà un régime alimentaire sans OGM. Le Dr Amy Dean, un spécialiste en médecine interne du Michigan, et membre du conseil de l’AAEM signale : « Je conseille vivement à mes patients de manger strictement des aliments non génétiquement modifiés. » John Boyles, un médecin allergologue de l’Ohio, déclare : « J’utilisais tout le temps le test pour les allergies au soja, mais maintenant que le soja est génétiquement modifié, il est si dangereux que je dis aux gens de ne jamais en manger. »

 

      La Doctoresse Jennifer Armstrong, présidente de AAEM, affirme que, « Les médecins voient sans doute les effets sur leurs patients, mais ont besoin connaître quelles sont les bonnes questions à poser. » Pushpa M. Bhargava, un biologiste de renommée mondiale, va encore plus loin. Après avoir examiné plus de 600 revues scientifiques, il conclut que les OGM sont l’un des principaux responsables de la forte détérioration de la santé des Étasuniens.

 

      Dans la population, le biologiste David Schubert du Salk Institute prévient que « les enfants sont les plus susceptibles d'être affectés négativement par les toxiques et les autres problèmes alimentaires » liés aux OGM. Il dit que, sans étude adéquate, les enfants sont transformés en « cobayes. »

 

      La réalité de l'expérimentation sur animaux nourris avec des OGM est effrayante. Quand du soja génétiquement modifié (GM) sert à nourrir des rates, la plupart de leurs rejetons meurent dans les trois semaines, comparativement au taux de mortalité de 10% dans le groupe témoin nourri avec du soja naturel. Les petits nourris avec des OGM sont aussi plus petits, et ils ont plus tard des problèmes de fertilité.

 

      En fait, chez les rats nourris avec du soja GM, la couleur des testicules est changée de rose naturel à bleu foncé. Les souris nourris avec du soja GM ont leur jeune sperme altéré. Même les embryons des souris mères nourries avec des OGM ont leur ADN profondément altéré. Dans une étude du gouvernement autrichien, les souris nourries avec du maïs GM avaient moins de rejetons, et ils étaient aussi plus petits que la normale.

 

      Les problèmes de reproduction accablent aussi le bétail. Des investigations dans l'État de Haryana, en Inde, ont révélé que la plupart des buffles qui ont mangé des graines de coton GM ont des complications du style accouchement prématuré, avortement, stérilité, et utérus prolabé (déplacé vers le bas). Beaucoup de veaux sont morts. Aux États-Unis, environ deux douzaines de fermiers ont signalé que des milliers de porcs sont devenus stériles après avoir consommé certaines variétés de maïs GM. Certaines truies ont fait une grossesse nerveuse (false pregnancies), d'autres ont accouché de poches d'eau. Des vaches et des taureaux sont aussi devenues stériles après avoir été nourris avec le même maïs.


Aliment conçu pour produire des poisons

 

      Le maïs et le coton GM sont conçus pour produire leur propre pesticide, sécrété par chaque cellule. Lorsqu’un insecte mord la plante, le poison lui délabre l’estomac et le tue. Les compagnies de biotechnologie prétendent que le pesticide, appelé Bt (produit à partir de la bactérie du sol Bacillus thuringiensis), a une tradition d'utilisation sûre, car les agriculteurs biologiques et les autres utilisent la bactérie Bt en pulvérisation pour contenir naturellement les insectes.

 

      Pourtant, dans les plantes GM, la toxine Bt produite est des milliers de fois plus concentrée que la Bt naturelle des aérosols, est conçue pour être plus toxique, a les propriétés d'un allergène, et, contrairement celle de l'aérosol, les plantes ne peuvent pas s’en débarrasser.

 

      Et par-dessus tout ça, des études confirment que même les aérosols bactériens naturels moins toxiques sont nocifs. Quand ils ont été dispersés par avion pour tuer la lymantride spongieuse dans le nord-ouest du Pacifique, environ 500 personnes ont signalé une allergie ou des symptômes semblables à ceux de la grippe. Certains ont dû aller aux urgences. Les symptômes sont exactement les mêmes que ceux rapportés actuellement par les travailleurs agricoles, partout en Inde où on manipule du coton Bt. En 2008, se basant sur des dossiers médicaux, le Sunday India a rapporté, « Les victimes de démangeaisons ont augmenté énormément cette année... dans l'agriculture liée au coton Bt. »

 

      L’American Academy of Environmental Medicine déclare, « De multiples études animales montrent un important dérèglement immunitaire, » notamment l’augmentation des cytokines, qui sont « associée à l'asthme, à l'allergie et aux inflammations, » tous en hausse aux États-Unis.

 

      Selon le Dr Arpad Pusztai, expert en sécurité sur les OGM, les changements dans la condition immunitaire des animaux sont « une particularité constante dans toute étude sur les OGM. » Même les propres recherches de Monsanto ont montré d'importantes modifications dans le système immunitaire des rats nourris avec du maïs Bt. Une étude de novembre 2008, conduite par le gouvernement italien, a également constaté une réaction immunitaire des souris au maïs Bt.

 

      Le soja et le maïs GM contiennent chacun deux nouvelles protéines dotées de propriétés allergéniques, le soja GM a jusqu'à sept fois plus d’inhibiteur de trypsine, un allergène connu du soja, et les tests par piqûre de la peau montrent que certaines personnes réagissent au soja GM, mais pas au soja non GM. Peu après l’introduction du soja GM au Royaume-Uni, les allergies au soja ont explosé de 50%. Peut-être que l'épidémie d'allergies alimentaires et d'asthme aux États-Unis est un accident de la manipulation génétique.

 

      En Inde, les animaux paissent sur les plantations de coton après récolte. Mais quand les bergers ont laissé les moutons paître sur des plantations de coton Bt, des milliers sont morts. Les autopsies ont révélé une grave irritation et des taches noires à la fois dans les intestins et dans le foie (ainsi que les voies biliaires élargies). Les enquêteurs ont déclaré que les premiers indices « suggèrent fortement que la mortalité des moutons est due à une toxine, très probablement à la toxine Bt. » Lors d’une petite étude de longue durée de la Deccan Development Society, tous les moutons nourris avec des plants de coton Bt sont morts dans les 30 jours, ceux qui pâturaient sur des plantations de coton naturel sont restés en bonne santé.

 

      Dans un petit village de l'Andhra Pradesh, les buffles ont pâturé sur des plantations de coton pendant huit ans sans problème. Le 3 janvier 2008, les buffles ont pâturé sur les plantations de coton Bt pour la première fois. Le lendemain, les 13 étaient tous malades ; tous sont morts en 3 jours. Le maïs Bt a aussi été impliqué dans la mort de vaches en Allemagne, et de chevaux, de buffles et de poulets dans les Philippines.

 

      Dans des études de laboratoire, deux fois quantité de poulets nourris avec du maïs Liberty Link sont morts ; 7 des 20 rats nourris avec une tomate GM ont manifesté des saignements stomacaux ; dans une autre, 7 sur 40 sont morts en deux semaines. Selon GE Seralini, un grand toxicologue français, une propre étude de Monsanto a montré des signes d'intoxication dans les principaux organes des rats nourris avec du maïs Bt.


La pire trouvaille de toutes : Les OGM demeurent en nous

 

      La seule étude publiée sur l'alimentation humaine a révélé ce qui pourrait être le plus dangereux problème des OGM. Le gène inséré dans le soja GM se transfère dans l'ADN des bactéries qui vivent dans nos intestins et continue sa fonction. Cela signifie que, longtemps après avoir arrêté de manger des OGM, des protéines GM potentiellement dangereuses peuvent encore être produites sans cesse à l'intérieur de nous. Dit plus simplement, manger une croustille de maïs, produite à partir de maïs Bt, peut, peut-être pour le reste de notre vie, transformer les bactéries vivant dans nos intestins en fabriques de pesticides.

 

      Quand la preuve du transfert des gènes est rapportée lors de conférences médicales aux Etats-Unis, les médecins réagissent souvent en faisant allusion à la très forte augmentation de problèmes gastro-intestinaux chez les patients au cours de la dernière décennie. Les aliments GM pourraient être en train de coloniser la flore intestinale des Nord-Américains.

 

      Les scientifiques de la Food and Drug Administration (FDA) avait avisé de tous ces problèmes dès le début des années 90. Selon des documents rendus publics lors d'un procès, le consensus scientifique à l'agence était que les OGM sont dangereux par nature, et risquent de créer des allergies, des empoisonnements, des transferts de gènes vers les bactéries intestinales, de nouvelles maladies, et des problèmes nutritionnels difficiles à détecter. Ils ont vivement conseillé à leurs supérieurs d'exiger des tests de longue durée rigoureux. Mais la Maison Blanche a ordonné à l’agence de promouvoir la biotechnologie, et la FDA a réagi en recrutant Michael Taylor, l'ancien conseiller juridique de Monsanto, à la tête de la formation sur la politique des OGM. Cette politique, qui est en vigueur aujourd'hui, refuse de reconnaître les inquiétudes des scientifiques et déclare qu'aucune étude de sécurité n’est nécessaire pour les OGM. C’est à Monsanto et aux autres compagnies de biotechnologie de déterminer si leurs aliments sont sans danger. M. Taylor est devenu plus tard vice président de Monsanto.

 

      L’American Academy of Environmental Medicine déclare, « Les aliments GM n'ont pas été convenablement testés » et « présentent un grave risque pour la santé. » Pas un seul essai clinique humain sur les OGM n’a été publié. En 2007, un examen de la littérature scientifique publiée sur les « effets toxiques potentiels et les risques pour la santé des plantes génétiquement modifiées, » a révélé que « les données expérimentales sont très rares. » L'auteur conclut son examen en demandant : « Où est la preuve scientifique démontrant l’innocuité toxicologique des plantes et des aliments GM, comme cela est supposé par les compagnies de biotechnologie ? »

 

      Le célèbre généticien canadien David Suzuki répond : « Les expériences n'ont tout simplement pas été faites et nous devons devenir maintenant des cobayes. » Il ajoute : « À toute personne affirmant : "Oh, nous savons que c’est parfaitement sûr", je dis qu’il est soit incroyablement stupide, soit qu’il ment délibérément. »

 

      Le Dr Schubert fait remarquer, « S'il y a quelque problème, il ne sera probablement jamais connu, car on ne pourra pas remonter à sa cause et de nombreuses maladies prennent beaucoup de temps à se développer. » Si les OGM produisaient un effet immédiat et des symptômes cuisants avec une signature unique, peut-être aurions-nous une chance de remonter à la cause.

 

      C'est précisément ce qui est arrivé lors d'une épidémie aux États-Unis à la fin des années 80. La maladie avait une action rapide, mortelle, et provoquait un changement mesurable dans le sang, mais il a fallu plus de quatre ans avant d’identifier l’épidémie en train de sévir. Elle tua jusque-là environ cent Étasuniens et fit tomber malade ou handicapa cinq à dix mille personnes. Elle fut provoquée par une sorte particulière de complément alimentaire du génie génétique, appelé L-tryptophane.

 

      Si d'autres aliments GM contribuent à accroître l'autisme, l'obésité, le diabète, l'asthme, le cancer, les maladies cardiaques, les allergies, la stérilité, ou tout autre problème de santé dont souffre les Étasuniens, nous ne pourrons jamais le savoir. En fait, puisque les animaux nourris avec des OGM ont beaucoup de problèmes divers, les gens sensibles peuvent réagir aux aliments génétiquement modifiés par de multiples symptômes. Il est par conséquent révélateur que, dans les neuf premières années après l'introduction des cultures GM à grande échelle en 1996, l'incidence des gens ayant trois maladies chroniques ou plus a presque doublé, passant de 7% à 13%.

 

      Pour aider à déterminer si les OGM sont à l'origine de dommages, l’AAEM demande à ses « membres, à la communauté médicale, et à la communauté scientifique indépendante de rassembler les études des cas éventuellement liés à la consommation des OGM et à leurs effets sur la santé, de commencer des recherches épidémiologiques pour étudier le rôle des OGM sur la santé humaine, et de mettre en œuvre des méthodes de sécurité pour déterminer les effets des OGM sur la santé humaine. »

 

      Les citoyens n'ont pas besoin de l’avis des médecins pour éviter les OGM. Les gens peuvent se tenir à l'écart de tout ce qui contient des produits dérivés du soja et du maïs, de l'huile de coton et de colza, et du sucre de betteraves GM, à moins qu’ils soient dits organiques ou « sans OGM. »

 

      Même si seulement un petit pourcentage de gens choisissent des marques sans OGM, l'industrie alimentaire réagira sans doute comme elle l’a fait en Europe, en supprimant tous les ingrédients GM. Ainsi, la prescription sans OGM de l'American Academy of Environmental Medicine pourrait devenir un tournant dans l’alimentation aux États-Unis.


      Jeffrey M. Smith, le directeur exécutif de l'Institute for Responsible Technology, est le principal interprète sur les dangers sanitaires des OGM. Son premier livre [traduit en français], Semences de tromperies est un best-seller mondial sur le sujet. Son second livre, Genetic Roulette: The Documented Health Risks of Genetically Engineered Foods, identifie 65 dangers potentiels des OGM et démontre à quel point les approbations gouvernementales sont superficielle et incompétentes pour la plupart d'entre eux. Il a invité la biotechnologie à répondre par écrit, avec des preuves allant à l’encontre de chaque danger, mais a prédit avec justesse qu'elle refuserait, puisqu’elles ne disposent d’aucune donnée démontrant l’innocuité de ses produits. :
environmentalmed@yahoo.com
www.aaemonline.org


Original : www.sentienttimes.com/09/June_July_09/doctors.html
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info


American Academy of Environmental Medicine

12/07/2009

Le défi du partage équitable des semences agricoles

En un siècle, les trois quarts de la diversité des plantes cultivées
se sont volatilisés. Sur les quelque dix mille plantes vivrières ayant
nourri l'humanité, 150 sont encore cultivées et une douzaine procure
80 % de l'alimentation végétale mondiale. A eux seuls, le riz, le blé,
le maïs et la pomme de terre couvrent 60 % de ces besoins. Cette
érosion de la diversité génétique, dans un monde toujours plus peuplé
et menacé par le réchauffement climatique, constitue un risque
alimentaire : peut-on se permettre de laisser disparaître des espèces
résistantes à la sécheresse, ou des variétés rustiques, robustes vis-à-
vis de maladies et d'insectes qui pourraient un jour anéantir les
plantes vedettes des systèmes de monoculture ?
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Pour tenter de sauvegarder cette biodiversité, le Traité international
sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et
l'agriculture prévoit la mise en place d'un système de conservation et
d'échange multilatéral des semences. Il vise un partage équitable des
bénéfices tirés de l'exploitation de ces ressources végétales entre le
Sud, où se trouve la biodiversité, et le Nord, où les semenciers
peuvent en tirer profit. Mais le mécanisme de ce traité, adopté en
2001 sous l'égide de l'Organisation des Nations unies pour
l'alimentation et l'agriculture (FAO), peine à se mettre en place.

La troisième session de l'organe directeur du Traité, qui s'est
déroulée en juin à Tunis, a bien failli tourner court, en raison de
divergences de vues entre pays du Nord et du Sud, mais a finalement
permis quelques avancées. Les 121 Etats membres du Traité sont tombés
d'accord sur la création d'un fonds visant à encourager la
conservation "en champ" de semences dans les pays en développement et
la recherche de variétés résistantes à la sécheresse et aux maladies.

Ce fonds devrait disposer de 116 millions de dollars (84 millions
d'euros) d'ici à 2014. Il est destiné à "faire la soudure" avec les
revenus attendus du mécanisme du Traité : celui-ci prévoit en effet
que 1,1 % des ventes de semences issues du système d'échange
multilatéral doivent revenir au fonds, qui redistribue ensuite les
sommes à des projets de conservation des semences. Or il faut souvent
plusieurs années avant que la sélection d'une semence débouche sur une
variété commerciale. Le Traité était donc au point mort : les pays du
Sud hésitaient à partager leur patrimoine génétique, en échange d'une
rétribution hypothétique.

Pour Guy Kastler (Confédération paysanne), qui représentait, à Tunis,
Via Campesina, un rassemblement international d'organisations
paysannes, ce fonds "ne résout que provisoirement la question
financière : le secrétariat reste soumis à la bonne volonté des Etats,
qui maintiennent le Traité sous perfusion". La réunion de Tunis a
cependant permis de retenir onze projets dans les pays du Sud, qui
vont bénéficier chacun de 50 000 dollars (36 000 euros). "Ce sont des
projets très intéressants, notamment celui du Pérou, note M. Kastler.
Mais les sommes allouées bénéficient souvent aux universités qui les
pilotent. Nous aurions préféré qu'elles aident directement les paysans."

A Tunis, plusieurs nouvelles collections de semences ont été associées
au système multilatéral : l'Europe partagera 230 000 échantillons et
le semencier français Promaïs va aussi mettre ses 2 500 variétés à
l'échange. "La France est la première à proposer une collection privée
au Traité", se félicite François Burgaud, du Groupement national
interprofessionnel des semences (GNIS), qui faisait partie de la
délégation française.

"La collection Promaïs est à l'origine une collection de l'Institut
national de la recherche agronomique (INRA), un institut public. Et
ces ressources étaient déjà accessibles", tempère M. Kastler, qui
regrette que la délégation française ait fait place aux semenciers
"mais pas aux paysans".

La position de la France vis-à-vis du Traité reste ambiguë. Elle n'a
pas encore versé un centime dans le fonds ni ratifié les autorisations
de transfert de matériel génétique prévues par le Traité. Elle ne
reconnaît pas certains droits des paysans sur leurs semences de ferme
et hésite encore sur le statut juridique à donner aux semences en
général.

Le "Traité des graines" est pourtant stratégique pour la France : son
industrie semencière - la deuxième du monde - n'est pas suffisamment
solide dans les nouveaux rapports de force induits par la Convention
sur la diversité biologique (1993), qui place les ressources
biologiques sous la juridiction des Etats nationaux. Les pays à forte
biodiversité, au Sud, peuvent désormais faire monter les enchères vis-
à-vis des pays du Nord. Cela vaut pour les cosmétiques, les
agrocarburants, la pharmacie et, bien sûr, l'agriculture.

Les Etats-Unis, qui sont rompus aux bras de fer bilatéraux, tout
comme, côté Sud, les géants brésiliens et chinois, n'ont pas signé le
"Traité des semences", pas plus que le Japon. Et le soja, la canne à
sucre, l'huile de palme et l'arachide ont été exclus des plantes
échangées au sein du Traité.

Les choses pourraient cependant évoluer. "L'administration américaine
a fait un pas auprès du Sénat pour ratifier le Traité, indique Clive
Stannard, conseiller spécial du secrétariat du Traité. Il est vrai que
son industrie est demandeuse de plus de sûreté légale : elle ne veut
pas se trouver accusée d'avoir volé des gènes." Or le Traité des
semences doit en principe éviter de tels litiges : il prévoit un
système de traçabilité des ressources, avec la FAO en arbitre. "Ce
traité offre un modèle de tutelle sur un bien public international,
tout en respectant les règles du marché, résume M. Stannard. On
invente pièce par pièce quelque chose qui n'a jamais été fait."
Hervé Morin

LE MONDE | 08.07.09
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/07/08/le-defi-...