15.02.2009
Sélection des meilleures critiques de cultivons la terre
Il y a un avis sur CLT sur le site de télérama ! http://www.telerama.fr/cinema/films/cultivons-la-terre,34...
J’ai créé une nouvelle rubrique sur le site : sélection des meilleurs critiques de cultivons la terre http://www.resogm.org/spip.php?article122
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13.02.2009
Article du Progrès
du vendredi 13 février 2009
Maïs 0GM : le rapport de l’Afssa ne change rien dans l’Ain
Le rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) sur la non-dangerosité du maïs Monsanto 810 pour l’homme ne change rien à la situation. vis partagé par le collectif « OGM non merci 01 » et la FDSEA.
« L’Afssa n’a fait aucune évaluation supplémentaire » note Gérard Boinon, porte-parole du collectif. « La décision reste suspendue au processus d’évaluation européen. Le conseil des ministres se réunira le 25 juin. Jusque-là, on est sur la clause de sauvegarde. Mais nous restons vigilants. Nous ne sommes pas près de laisser implanter des OGM dans notre département ».Pour Gilles Brenon, secrétaire général de la FDSEA : « Nous avons toujours prôné la loi et rien que la loi, même si selon nous la décision du gouvernement français a peut-être été prise un peu hâtivement. L’Afssa dit que le Mon810 n’est pas dangereux pour l’homme. Il faut voir quels sont les risques pour l’environnement. De toute façon, pour cette année, il n’y aura pas de plantations. Et il vaut mieux prendre encore une année de recul avant de se lancer ».
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15.07.2008
Réunion à Meillonnas en juin 2008
ENVIRONNEMENT - Le collectif OGM non merci ! a organisé une conférence-débat
OGM, pollution ou progrès ?
Article paru dans Voix de l'ain juin 2008
les interventions de Christiane Batailiard et Gérard Boinon ont été très bien suivies par le public.
La conférence-débat du collectif OGM, non merci ! qui s'est déroulée la semaine passée salle du château, a été suivie par plus de soixante personnes.
Gérard Boinon, ancien agriculteur, a tout d'abord présenté Rés'OGM info dont il est secrétaire, qui a pour but d'épier les semeurs de cultures d'OGM, afin de préserver la Bresse, l'AOC et, surtout, la santé de tous. Le monde paysan et les citoyens se sentent en effet interpellés par cette information de base : qu'est-ce qu'un OGM ? Ils ont également d'autres interrogations : pourquoi ? est-ce un pesticide ou un médicament ? quelle agriculture demain ? est-ce vraiment une pollution ou un progrès ? Les explications de Gérard Boinon étaient claires et l'assistance a bien compris ce qu'était un organisme génétiquement modifié, pourquoi il pouvait être utilisé et les dangers qui, selon lui, entourent son utilisation. Les plantes OGM commercialisées à ce jour sont le soja, le maïs, le colza et le coton et sont principalement destinées à nourrir le bétail.
Où ? Quand ? Qui?
Créé en 2001, le collectif OGM non merci ! recherchait des plantations de maïs OGM en plein cœur de la volaille de Bresse. Au mois de juillet dernier ce sont 135 hectares qu'il a découverts sur quatre cantons (Saint-Trivier, Montrevel, Coligny et Viriat) soit soixante-cinq communes. Et 1' OGM planté en Bresse est le Mon 810 fabriqué par la société américaine Monsanto. Tout cela pour lutter contre la pyrale (petit papillon) alors qu'avec 500 g d'insecticide ou avec le lâcher de trichogrammes (petites guêpes parasitoïdes), on peut traiter un hectare. « L'OGM produit une toxine insecticide dans toutes les celIules de la plante, jusqu'à cinq tonnes à l'hectare. Et pour ramasser le maïs on prend le grain, une partie part en ensilage et le reste dans le sol mettra 21 mois à s'éliminer durant lesquels la toxine va encore vivre et passer dans les eaux des rivières. »
Qu'en pensent les agriculteurs ? Les intérêts économiques des commerces d'OGM sont considérables. Leurs semences empêchent les paysans d'utiliser les graines de leurs récoltes pour ressemer, car ces graines ne pourront plus germer et les agriculteurs devront les racheter chaque année. Les paysans s'endettant plus encore dénoncent cette main mise sur les semences qui en conduit certains à la faillite.
Une loi inadaptée ?
Les intervenants estiment u'aucune étude sérieuse n'a
été faite sur ces OGM. « Et les romoteurs d'OGM promettent que le pollen de maïs est lourd, qu'il n'y a pas de danger que cela aille sur les autres cultures car il fait 800 g au m2. Et pourtant le sable est bien plus lourd et il arrive du Sahara. Alors qu'en sera-t-il des cultures maraîchères et des élevages et produits AOC ? »
Sénateurs et députés viennent de voter la loi sur les normes qui encadrent cette culture OGM et Gérard Boinon d'expliquer que cette loi se veut précautionneuse mais qu'en réalité elle ne peut pas tout contrôler.
L'intervention de Christiane Batailiard laisse penser qu'un cadre éthique et juridique rigoureux paraît indispensable mais difficile à mettre en œuvre à l'échelle de la planète. Seule la volonté collective et solidaire d'une majorité de citoyens peut l'exiger... Mais pour cela, encore faut-il connaître les faits et les enjeux. L'action du collectif est des
maintenir la pression. La loi a été votée : « il fallait faucher pour éveiller les esprits, pour être uni essort d'alerte », commentait Gérard Boinon. Cette année en France il n'y aura pas d'OGM, sauf ceux d'essais. Il n'y a que l'analyse qui permet de différencier les deux maïs, OGM ou pas . c'est a partir d'un jus de tige à l'aide d'un révélateur que l'on peut trouver les toxines,
De plus, un travail va se faire ; uprès des maires pour qu'ils uissent prendre un arrêté interdisant ces cultures.
D'autres points ont interpellé le public présent : la préservation es AOC. les grandes firmes commercialisant les OGM et leur pouvoir, l'insuffisance des recherches, etc.
La santé sera restée le point phare de la soirée : si l'agriculteur et la population sont en bonne santé, cela coûtera moins cher à la collectivité.
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14.07.2008
Question à Gérard Boinon
« Pour une agriculture durable, innovante sans OGM »
Secrétaire général de l'association Res'OGM Info,
née en 2005 avec le soutien de la Région,
membre du collectif « OGM Non merci » créé
dans l'Ain en 2001, Gérard Boinon sera l'un des
intervenants du débat* organisé ce vendredi, à
Bourg, à l'initiative d'Artisans du monde et du
Comité Catholique contre la Faim et pour le
Développement.
Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la question
des OGM (organismes génétiquement modifiés) ?
En 1997, j'étais secrétaire général de la confédération paysanne Rhône Alpes. Les OGM venaient d'apparaître en Isère. On n'en savait pas grand-chose, sauf qu'il fallait racheter des semences chaque année : 1 million de paysans n'a pas les moyens d'acheter ces semences. Avant même la possible incidence sur la santé, la question qui s'est posée, c'est celle de la survie des paysans face aux multinationales.
Les OGM : chance ou danger pour les paysans, le consommateur, l'industrie ?
Avant on faisait de la sélection, des greffes d'un arbre sur un autre arbre. Là c'est tout autre chose, on transgresse les espèces. L'échec le plus flagrant c'est la tentative d'introduire un gène de poisson dans la fraise pour en assurer le transport : ça n'a pas marché ! Aujourd'hui 98 % des OGM concernent 4 plantes (le soja, le maïs, le colza et le coton), 2 % des essais le riz, la vigne et le bois.
Le danger pour le paysan est lié à cette obligation d'acheter chaque année des semences. Lié aussi aux risques de pollinisation des parcelles plus ou moins lointaines. Ajouter à cela qu'on a introduit dans le maïs un gène qui lui permet de résister à la pyrale et qui produit une toxine... 500 tonnes à l'hectare : je n'ai pas envie de donner ça à mes bêtes ! Des tests ont été faits sur des rats en Angleterre et Australie qui ont montré une modification du système sanguin et digestif. En Iowa, on a montré qu'il fallait 30 mois pour éliminer cette toxine du sol et qu'on la retrouvait dans les rivières avec incidences sur la fécondation des crusta-cées. Bon ou mauvais pour le consommateur : je ne sais pas, mais cela mérite de se poser la question. Pour l'amiante, on savait en 1904 : il a fallu attendre 2002 pour l'interdiction. Peut-être vaut-il mieux ne pas attendre que ce soit irréversible pour faire quelque chose ! Les OGM c'est une chance pour les 5 transnationales qui se partagent le marché des semences !
Les OGM solution à la faim dans le monde, vous y croyez ?
Je prouve le contraire ! La faim dans le monde ne se réglera pas par une agriculture industrielle, mais par une agriculture familiale et paysanne. La vocation du paysan français n'est pas de nourrir le paysan sénégalais. Les produits basiques (blé, riz, poulet, etc.) doivent être produits dans chaque pays. Les surfaces agricoles diminuent à cause de l'industrialisation (dans l'Ain, 3 000 paysans ont disparu en 12 ans) et on tente de nous faire avaler les OGM via les agro carburants. Si on introduit comme prévu 10 % de diester dans le gasoil et 10 % d'éthanol dans l'essence, il faut y consacrer 72 % de la surface agricole utile française. Cela se fera donc dans des pays où les paysans n'ont pas de titre de propriété. Au Cameroun, au Brésil, en Papouasie : on brûle la forêt pour mettre des palmiers à huile, ou de la canne à sucre ! On passe d'une culture vivrière à une culture intensive ! Les usines sont construites : il faut les faire tourner ! Se pose outre la question écologique, celle de la souveraineté alimentaire et des prix. Chaque fois que les prix mondiaux augmentent de 1 %, 16 millions de personnes tombent dans une pauvreté extrême!
Quelles alternatives?
Il faut revoir le système des aides, notamment de la PAC. Passer d'une aide à l'hectare à une aide à la qualité, à l'entretien des espaces, à la reconversion biologique. Avec le film « Cultivons la terre » qui sera projeté vendredi à Bourg dans le cadre de la campagne « L'agriculture est malade, soignons la PAC » nous montrons qu'il y a d'autres solutions : j'utilise depuis 20 ans le tri-chogramme pour lutter contre la pyrale, une sélection participative sur l'orge est conduite avec des paysans et chercheurs en Jordanie, Dominique Vianney utilise des insectes auxiliaires (coccinelles, etc.) à la place des insecticides, Yves François, en Isère, pratique le désher-bage mécanique du maïs, Claude Bourguignon pratique la technique sans labour (on gagne 5 tonnes de carbone à l'hectare), etc. Lutte biologique, respect des sols, circuits courts de commercialisation, sont quelques-unes des alternatives. Il s'agit souvent de pratiques agricoles oubliées améliorées par la recherche scientifique !
RECUEILLIS PAR CHANTAL LAJUS Au cinémateur à Bourg, le 13 juin à 20 h : projection du film Cultivons la terre et débat « L'agriculture est malade, soi-gnonsla PAC». Avec Alain Millet, « La hausse des prix », avec Emmanuel Hyvemat, « Changer nos modes de consommation », avec Jean Luc Roux « Le commerce équi-table comme levier d'une plus grande autonomie des pays du sud».
14:00 Publié dans La presse locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.05.2008
Le progrès : OGM la suite
Article du jeudi 22 mai 2008
OGM : « Est-ce illégal de faucher un champ illégal ? »
Le collectif 01 « OGM non merci », qui se réunit ce soir à Bourg, soupçonne des importations clandestines de maïs transgénique
MD : Une réunion d'« OGM non merci » ce soir, au lendemain de l'approbation de la loi. Pour quoi faire ?
Christiane Bataillard : La réunion était prévue de longue date. Dans le contexte actuel, elle permettra de faire le point de la procédure. Voir où on en est juridiquement et envisager les suites que l'on donnera à notre action. Le PC, les Verts et le PS ont déposé devant le conseil constitutionnel. Lundi, nous avons remis au directeur de cabinet du préfet une lettre adressée à Nicolas Sarkozy. On ne se fait pas trop d'illusions, mais bon
MD : Que ferez-vous lorsque vous aurez épuisé tous les recours ?
Christiane Bataillard : Pour 2008, les actions seront restreintes puisqu'aucune autorisation de plantation n'a été accordée au Monsanto 810. Sauf à découvrir des plantations illégales de maïs acheté en Espagne
MD : D'où tirez-vous cela !?
Christiane Bataillard : Nous n'avons pas de preuves avérées mais il y a des choses qui transpirent. Si elles se vérifiaient, on verra quelles mesures prendre.
MD : Le fauchage ? C'est illégal
Christiane Bataillard : On en discutera. Mais en poussant le paradoxe, est-ce illégal de faucher un champ illégal ?
MD : En 2009, en tous cas, la loi encadrera les cultures transgéniques
Christiane Bataillard : On espère au moins qu'elle instaurera une certaine transparence. Ça permettra de montrer du doigt ceux qui le font. Ils doivent savoir qu'ils seront légalement responsables de tous les dégâts environnementaux, sanitaires et sociaux qu'ils pourraient causer.
MD : Vous invitez les députés de l'Ain à venir s'expliquer en réunion publique. Mais ils se sont déjà exprimés maintes fois sur le sujet
Christiane Bataillard : Les députés représentent l'ensemble de leurs électeurs. Il faut qu'ils aient le courage de venir expliquer pourquoi ils ont voté pour cette loi en première lecture, et en quoi elle est « équilibrée et la plus précautionneuse du monde ».
Propos recueillis par Marc Dazy
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29.03.2008
Le progrès : OGM et filières de qualité
Article du samedi 29 mars 2008
Les anti-OGM récoltent le soutien de filières qualité
« Il faut en finir avec cette caricature selon laquelle les agriculteurs producteurs responsables seraient tous des pro-OGM, et les anti, un ramassis d'écolos et de consommateurs irresponsables. Non, le monde agricole n'est pas pro-OGM dans son ensemble. Beaucoup d'agriculteurs sont contre et capables de se réunir autour d'un manifeste ».
Pour preuve, Philippe Janin, le coordinateur de l'Adabio (association pour le développement de l'agriculture biologique) présente le document qu'il a coproduit avec Charles Bernard, le président de la laiterie coopérative d'Étrez, et Luc Desbois, producteur de lait à comté à Cize.
« Pour la liberté et le droit à consommer sans OGM » rappelle brièvement l'argumentaire : la situation de l'Ain, département fortement concerné par les cultures de maïs transgénique mais aussi riche de ses filières agricoles de qualité ; la coexistence impossible entre filière OGM et non OGM en raison de la contamination ogémique ; les impacts négatifs des OGM et leur rejet massif par la population.
Le manifeste resitue la problématique dans le cadre législatif. Suite au Grenelle de l'environnement, le gouvernement a suspendu la commercialisation du « Monsanto 810 ». Le Conseil d'État a pour sa part rejeté le recours de l'Assemblée générale des producteurs de maïs. Les organismes génétiquement modifiés arrivent désormais devant l'assemblée nationale.
Les signataires et les réfractaires
La semaine prochaine, les députés vont fixer les règles du jeu : distance de sécurité, affichage de la localisation des parcelles, système de responsabilité, étiquetage « Pour l'instant, les réponses ne nous conviennent pas » estime Philippe Janin. D'où la volonté d'élargir le collectif « OGM non merci » aux acteurs économiques des filières qualité, histoire de peser sur les débats.
Une trentaine de structures ont reçu le manifeste. « Certaines se sont positionnées clairement. D'autres l'ont fait à titre individuel ». Parmi les soutiens d'importance figure la laiterie coopérative d'Etrez, engagée au premier chef dans le dossier de l'AOC « beurre et crème de Bresse ». Quatre fruitières à Comté sur sept (Simandre, Villereversure, Saint-Martin-du Fresne, Chézerie-forens) ont répondu favorablement. Pas de nouvelles de celles de Treffort, Brénod et Drom. Le syndicat des apiculteurs de l'Ain, celui des producteurs indépendants de volailles de Bresse et tous les réseaux de l'agriculture bio ont également signé.
Pas de réelle surprise, la plupart des adhérents ayant déjà fait connaître leurs vues sur la question. Mais pour la première fois, ils s'expriment ensemble et sans ambages. Pas de révélation non plus du côté des réfractaires au manifeste. La non-réponse du Comité interprofessionnel de la volaille de Bresse par exemple était plus ou moins attendue. Au prochain repas de famille, Charles Bernard pourra peut-être en toucher deux mots à son frère Pierre, le vice-président du CIVB
Marc Dazy
Ils ont dit
> Luc Desbois : « Le plus gros hold-up de l'histoire de l'agriculture »
En cas de proximité avec des OGM, on ne pourra plus garantir la qualité de nos productions. Si on laisse se développer les OGM, il s'agira du plus gros hold-up de l'histoire de l'agriculture. Je travaille sur les variétés que des générations ont mises en place avant moi. Quant à dire que les OGM vont sauver le monde, c'est faux. Nous, on fait sans et on s'en sort très bien.
> Charles Bernard : « 99 % de réponse favorable »
On a demandé aux adhérents de la coopérative de s'engager sur l'honneur à ne pas donner de maïs OGM à leur bétail. 99 % ont répondu favorablement. La non-utilisation des OGM est inscrite dans le cahier des charges de l'AOC « beurre et crème » de Bresse. Aujourd'hui, je signe ce manifeste parce qu'à un moment, il est important d'avancer ses pions et de se positionner clairement.
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28.01.2008
Le progrès : La France et les OGM
Article du lundi 28 janvier 2008
La France face à la culture des OGM : une démarche hésitante
Le point sur la question des OGM, à la veille de voir le parlement se saisir à nouveau d'un problème qui agite au delà de nos frontières et dont la solution dépend aussi et surtout des instances européennes
| L'activation par la France de la clause de sauvegarde interdisant au moins provisoirement la culture du maïs Monsanto 810 après dix ans d'expérimentation marque une nouvelle étape dans la véritable guerre de religion que s'offre notre pays autour de la question des OGM. Un vieux débat, en vérité, entre les tenants de la science inquiets de voir la France décrocher du train de la recherche et des promesses de productivité qu'elle contient et ceux que l'idée même de toucher au génome et à la source de la vie effraie. Un point s'imposait à la veille de voir le parlement se saisir à nouveau d'un problème qui agite au delà de nos frontières et dont la solution dépend aussi et surtout des instances européennes. 1 - Qu'est-ce qu'un OGM ? Un organisme génétiquement modifié (OGM) est un organisme végétal, animal ou bactériel dont le matériel génétique a subi une intervention grâce à une technique nouvelle appelée le « génie génétique ». En clair, il s'agit de transférer d'un organisme à un autre - y compris entre des espèces différentes - des gènes sélectionnés. 2 - Les OGM à quoi ça sert ? Depuis que l'homme se mêle de jardinage ou d'élevage il cherche à faire évoluer au moyen de greffes ou de croisements plantes et animaux afin de renforcer leurs performances et de s'assurer une meilleure productivité. Le génie génétique est donc l'application scientifiques de ces pratiques empiriques. La résistance des végétaux à la sécheresse, aux maladies, aux attaques des ravageurs comptent parmi les buts du génie génétique, tout comme l'amélioration des qualités nutritives. En fait le champ d'application de ces techniques encore balbutiantes est immense, notamment dans le domaine de la santé animale et humaine. 3 - Les OGM sont-ils dangereux ? Oui diront certains, non répondront d'autres. Comme toujours la bonne réponse est au milieu. Nous dirons donc que les OGM, en l'état actuel des connaissances, ne sont pas anodins. Au même titre qu'en croisant certaines races de chiens on peut aboutir à créer un animal dangereux, il convient de vérifier que chaque nouvel OGM ne présente pas de risques pour la santé - toxicité, allergie - ou pour l'environnement. Ainsi, avant de développer un OGM réputé résistant aux herbicides encore faut-il s'assurer que ce gène de résistance ne va pas se disséminer au risque de rendre inefficace tous les désherbants. Le problème est, que pour l'instant, les chercheurs manquent de recul et ignorent encore les effets à long terme des OGM. 4 - Sont-ils cultivés en France ? Oui, bien sûr, encore que cela ne concerne qu'une qualité de maïs utilisé pour l'alimentation animale, le fameux Monsanto 810 lequel n'est au surplus cultivé que sur une très faible échelle. D'après des chiffres récents environ 2000 maïsiculteurs - sur 130 000 - se sont lancés dans l'aventure. Et si les surfaces cultivées sont en augmentation sensible - de 500 hectares en 2005 elles sont passées à 22 000 hectares en 2007 - elles pèsent peu face aux 3 millions d'hectares de maïs plantés chaque année en France. Qui plus est, l'essentiel de la production d'OGM se concentre dans le Sud-Ouest du pays (Haute-Garonne et Tarn-et-Garonne). Ce qui n'empêche pas la France de figurer au second rang des pays européens produc-teurs de maïs transgénique, derrière l'Espagne (75 000 hectares). 5 - Et ailleurs sur la planète ? Ils sont cultivés en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Afrique du Sud et en Asie. Et ceci sur des surfaces bien plus conséquentes qu'en Europe. 6 - Qui est pour, qui est contre ? Le mouvement écologiste forme le fer de lance de la contestation anti-OGM alors que les céréaliers, les se-menciers et une organisation agricole comme la FNSEA militent au contraire pour l'introduction de plus d'OGM dans nos cultures. Reste que que le débat divise aussi bien la communauté scientifique que le monde agricole. Ainsi, selon un récent sondage (1), une majorité d'agriculteurs (57 %) dont une bonne part appartenant à la FNSEA (48 %) se disaient favorables à un moratoire sur les OGM. 7 - Pourquoi, après avoir autorisé il y a dix ans la mise en culture du Monsanto 810 la France vient-elle de faire marche arrière et de déclencher la clause de sauvegarde ? Il faut voir là les conséquences du Grenelle de l'environnement mais aussi des conclusions de la Haute autorité sur les OGM. Laquelle constate, à la vue de plusieurs études, que des éléments scientifiques nouveaux sont apparus au cours de ces dernières années concernant notamment la diffusion beaucoup plus large que prévue du pollen issu du Monsanto 810. Ce qui n'est pas indifférent pour les autres cultures. De surcroît, ce maïs transgénique, destiné à la lutte contre la pyrale, est soupçonné de s'attaquer à d'autres espèces comme les papillons et les lombrics. 8 - La clause de sauvegarde c'est quoi ? Prévue dans une loi euro-péenne de 2001, elle permet d'interdire provisoirement la culture ou la vente d'un organisme génétiquement modifié, en invoquant un risque pour la santé et l'environnement. Six pays l'ont déjà activé. Il revient à la Commission européenne, après examen des motifs invoqués par la France, de trancher en dernier ressort sur l'opportunité de cette démarche. Or, il faut savoir que si l'Europe applique en la matière le principe de précaution, elle est aussi tenue par le droit. Ainsi, appelée à juger sur un cas similaire à celui de la France, la Cour européenne de Justice s'est montrée claire : « aucun pays ne peut interdire totalement la culture d'OGM ». Par ailleurs, à l'initiative des Etats-Unis une procédure est actuellement en cours devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur la question de savoir si une interdiction de fait de la commercialisation de produits OGM par l'Union européenne est compatible ou pas avec les règles du commerce inter-national. 9 - Le sort des OGM en France est-il pour autant scellé ? Sûrement pas puisque, comme nous venons de la voir, la décision ne dépend pas que de nous. Qui plus est, en activant la clause de sauvegarde, le Gou-vernement a aussi bien pris soin d'ajouter qu'il ne renonçait pas à toute ambition en matière de recherche. La preuve : ce sont 45 millions qui seront alloués sur trois ans à la recherche sur les biotechnologies végétales. 10 - Au fait les OGM, ça marche ? Pour le moment pas si bien que ça. Du moins au regard de plusieurs études américaines menées sur le sujet en 2006. Ainsi, si aux Etats-Unis les producteurs de soja semblent avoir trouvé leur compte, cela est moins évident pour les producteurs de maïs. Alors qu'en Chine si les producteurs de coton transgénique em-ployaient peu de pesticides à leurs débuts, ils en utilisent désormais autant que leurs homologues restés aux techniques traditionnelles. Mais la recherche avance et l'arrivée des OGM dits « de seconde génération » pourrait bouleverser la donne. René Raffin > note Sondage réalisé en avril 2007 par l'institut TLB et publié dans la revue Agriculture et Nouvelles technologies. |
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15.01.2008
Le progrès : Incidents de Beaupont
Article du mardi 15 janvier 2008
Incidents de Beaupont : OGM non merci n'a pas porté plainte
Nous relations dans nos éditions de dimanche, l'agression perpétrée samedi à Beaupont contre des militants anti-OGM. Sur la place du village bressan, deux personnes excitées et ne partageant visiblement pas leurs opinions, ont arraché une banderole, bousculée une jeune femme puis embarqué pour les détruire des documents et des pétitions.
Après l'avoir envisagé, les militants agressés ont décidé de ne pas porter plainte. « On va en reparler entre nous, mais nous ne voulons pas monter trop en épingle ces faits, on ne veut pas en faire un fromage. Visiblement, il y en a qui ont pété les plombs, qui sont mauvais perdants. Nous perdre, on a l'habitude, eux non » se tente à plaisanter le leader des anti-OGM présent sur les lieux samedi. « Il est vrai qu'on s'est sérieusement posés la question, car notre jeune militante a été choquée et une main courante aurait pu servir à marquer le coup, si des actes du même genre venaient à se renouveler. »
O.L.
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13.01.2008
Le progrès : la pression monte dans l'ain
Article du dimanche 13 janvier 2008
Le dossier OGM est sensible dans l'Ain où 135 hectares ont été mis en culture en 2007. Hier après-midi, sur la place du village de Beaupont, en plein coeur de la Bresse, la pression est montée d'un cran entre partisans et opposants.
Les militants de l'association « OGM Non Merci » distribuaient une pétition contre une éventuelle loi pro-OGM (qui sera examinée au Sénat à partir du 5 février) lorsqu'une de leurs équipes a été prise à partie : « Ils étaient deux hommes, explique Gérard Boinon, l'un des responsables du collectif présent sur les lieux de l'altercation. C'était des pro-OGM. Ils ont arraché notre banderole et légèrement bousculé une de nos camarades avant de filer en emportant, pour les détruire plus loin, une pile de courriers déjà signés par les habitants du village. Il a fallu refaire le tour des maisons ! Lundi matin, nous irons peut-être déposer plainte à la gendarmerie, pour la forme. En attendant, ce dimanche, nous remettons ça dans les villages de Cormoz et Pirajoux. »
Du côté des agriculteurs, qui ont semé le fameux Monsanto 810, le sentiment est partagé entre déception et incompréhension. Alain Michel, exploitant à Domsure, commune voisine de Beaupont, est l'un d'eux : « La nouvelle nous a fait mal, déclare-t-il dépité. Si c'est si dangereux, pourquoi laisse-t-on entrer en France les sojas OGM, la viande bovine brésilienne ? Là-bas, la nourriture des animaux est bourrée d'OGM. Pour avoir semé une vingtaine d'hectares de MON 810, je ne crois pas que les risques de pollinisation sont si grands. Nous avons une parcelle de maïs non-OGM juste à côté. La pyrale y a fait des ravages ! En attendant, au cours des prochaines semaines, nous respecterons la loi comme nous l'avons toujours fait. »
Jean-Marc Perrat
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Le progrès : Le maïs OGM continue d'alimenter le débat
Article du dimanche 13 janvier 2008
Annoncée vendredi, la suspension de la culture du maïs MON810 - seul OGM jusqu'ici autorisé dans l'Hexagone - continue d'alimenter le débat sur les organismes génétiquement modifiés.
Avec cette décision, a fait valoir hier le président Sarkozy, « je fais le choix politique majeur de porter notre pays à l'avant-garde du débat sur l'environnement ».
L'interdiction est « affligeante » et guidée par des « raisons de politique politicienne », estime au contraire Jean-Michel Lemétayer, président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). Quatre syndicats des professionnels des semences l'ont qualifiée d'« incompréhensible ». Et elle a déclenché la colère chez nombre de céréaliers de Midi-Pyrénées et d'Aquitaine, les deux principales régions productrices (20 000 hectares sur un total de 22 000).
Les anti-OGM - dont les deux grandes associations de défense de l'environnement Greenpeace et France Nature Environnement - se sont, eux, réjouis de la décision gouvernementale. En grève de la faim depuis le 3 janvier pour réclamer une telle décision, l'altermondialiste José Bové a arrêté son mouvement hier mais « pas le combat ». Et son avocat Me François Roux a demandé l'amnistie présidentielle de tous les « faucheurs volontaires » à qui le gouvernement vient de rendre « justice au combat qu'ils mènent depuis 10 ans ».
Le gouvernement a précisé « s'appuyer sur les conclusions du comité de préfiguration de la haute autorité sur les OGM », qui a fait état d'« éléments scientifiques nouveaux » et de nombreuses interrogations autour du MON810. « Les doutes sur cet OGM [ ] ne condamnent pas l'intérêt de cette technologie pour relever les défis alimentaires et environnementaux », indique-t-on de source gouvernementale. Et d'annoncer un plan d'investissement dans les biotechnologies végétales de 45 millions d'euros. « Il est nécessaire de réaffirmer que les biotechnologies sont porteuses d'espoir pour notre santé et notre développement économique. C'est aussi une question d'indépendance nationale », a fait valoir Valérie Pécresse, la ministre de la Recherche.
Mais la Confédération paysanne (CP) a noté que la décision du gouvernement était « équivoque » puisque le Premier ministre « ajoute que cette technologie aurait un intérêt pour relever les défis alimentaires et environnementaux ». Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) « regrette » la mise en place d'un plan pour les biotechnologies.
« Puisqu'il y a des « interrogations », [ ] on se donne les moyens de faire de la recherche indépendante sur les biotechnologies », a justifié Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie.
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